Quand je suis arrivé dans ce pays le 25 août 2003, plusieurs choses ont retenu mon attention.
Déjà, sur le trajet entre l'aéroport et l'hôtel, on a vu 3 accidents de voitures (dont un en
live), je me croyais vacciné après mon année passée au Liban, mais en fait non, ici c'est d'un
autre niveau de conduite quand même.
La deuxième chose qui a retenu mon attention, c'était la propreté de la route, et les jolis paysages qui l'entourait (oui, la route qui va de l'aéroport à la ville est bien entretenue, mais faut
croire que tous les efforts d'entretien de la ville sont concentrés sur cette route là uniquement).
Et enfin, dernière chose, la tache couleur caca que beaucoup d'égyptiens avaient sur le front. Mais
késkécé? J'avais demandé à mon père, présent en Egypte depuis quelques mois, il m'avait
répondu en haussant les épaules.
Mais maintenant, je sais!
Après avoir développé les hypothèses les plus farfelues, j'ai compris, il a tout juste quelques jours.
En fait, je l'avais découvert assez vite, cette tache est liée à la prière. Mais voilà, des musulmans au Liban, j'en fréquentais beaucoup, mais aucun ne possédait la-dite tache. Et même ici, pas
tous les hommes musulmans l'ont.
En fait, cette tache est un indicateur, ceux qui l'ont en font une fierté. C'est la marque de Ceux-Qui-Prient-Cinq-Fois-Par-Jour-Comme-C'est-Marqué-Dans-Le-Coran (ça me fait penser à
Harry
Potter). Dans certaines familles très pratiquantes, si un des hommes ne possède pas cette tache, c'est une véritable honte! Mais voilà, je n'arrive pas à croire que le fait de poser
doucement son front sur le sol cinq fois par jour, puisse former ce truc, c'est une espèce de croutte qui ne part pas. Surtout que, je le repète, pas tous les musulmans ont cette tache, et
parmis eux ce trouvent des gens qui font leurs cinq prières quotidiennes.
J'ai intérrogé plusieurs personnes qui arboraient cette tache, et la réponse était tout le temps la même
"ça vient en priant, ça prouve que je prie bien", mais je restais quand même assez
septique.
J'ai alors décidé d'aller les observer pendant leur prière, pour voir ce qui clochait. Je me suis rendu près d'une mosquée pas très loin de chez moi, elle est assez petite, ce qui fait que les gens
sont souvent forcés de prier à l'exterieur faute de place. J'ai pu les observer tranquillement (je n'aurais jamais osé entrer dans une mosquée pendant la prière pour une raison aussi stupide).
En fait, les les gens-à-la tache ne prient pas comme les autres. Ils ont une petite technique bien à eux. On les repère tout de suite. Au Liban, lors de la prière, ils se baissent, se mettent à
genoux, et le moment venu, se penchent en avant en s'appuyant sur les mains, afin que le front soit en contact avec le sol. Cette technique est pratiquée en Egypte par ceux qui ne possèdent pas la
tache. Les autres, ils font tout pareil, sauf pour les mains. Ils s'en servent à peine, voire pas du tout, ce qui fait que tout le poid est reporté sur le front. Et comme si c'était pas suffisant,
certains font exprès d'appuyer bien fort. On les voit bien, en train de forcer, de frotter leur front sur le sol, les yeux bien fermés, un veine palpitant sur la tempe.
Qu'est ce qu'ils pensent, franchement? Que leur prières iront plus vite au ciel s'ils appuient comme des tarés?
Parfois, c'est assez comique, certain ont plusieurs taches, en plein milieu du front, une autre un peu plus à droite ou à gauche... Ils ont dû se louper à un moment où un autre...
J'aurais bien aimé vous montrer à quoi ça ressemble, mais faut dire que j'ai pas osé me pointer face à eux et de zoomer sur le cratère qu'ils ont sur le crâne...