Je quitte l'appartement dans lequel j'ai vécu pendant 4 années en Egypte, pour déménager dans le nouvel appart qu'on vient d'acheter. On a décider de changer d'appartement, car nous louions celui où nous nous trouvions jusqu'à maintenant et que le loyer était de plus en plus élevé, on jetait notre argent par les fenêtres. D'où la nécessité d'acheter un appart (puisque mon père risque de bosser en Egypte pendant un bon moment), que l'ont pourrai toujours louer si jamais nous devions encore changer de pays.
J'y étais vraiment attaché, je m'y sentais complètement chez moi.
Les 4 ans que j'ai passé en Egypte font sûrement parti des plus belles années de ma (jeune) existence, et forcément, quand j'y pense, je pense à mon appart.
Elle va me manquer cette rue 21, bien placée, pas loin de l'école et qui fut à coté de la plupart de mes amis, partis pour la plupart maintenant. Elle va me manquer la petite école juste à coté de nous, qui me réveillait à chaque fois que je commençais mes cours après 8h, au son des Biladi, biladi, bilaaaadi! (début de l'hymne national égyptien) et autres Allah ou akbar! (Dieu est grand) hurlés par les enfants. Je me rappellerai toujours de ce vieux surveillant, que j'observais de mes jumelles lorsque je n'avais rien d'autre de mieux à faire, avec son haut-parleur, assis toujours sur le même banc, en train de réprimander les élèves à distance (il avait trop la flemme de bouger faut croire, il était comique avec son haut-parleur).
Je me souviendrais aussi des bus de cette école qui bloquaient toujours l'accès à ma rue entre 13h30 et 14h.
Ou encore de ce garde qui me gratifiait tous les matins d'un sourire sincère, mais qui est parti au bout de ma deuxième année. Et aussi de Maher, mon concierge à la force herculéenne qui portait un frigo sans l'aide de personne et que j'ai dû faire monter sur le toit une bonne quinzaine de fois, pour qu'il me règle ma parabole qui déconnait pendant les matchs de rugby!
Je me rappellerai aussi (décidément) de ce voisin américain, de mon âge, dont j'apercevais la fenêtre de sa chambre dans l'immeuble juste en face, à 10m de la mienne. Il s'amusait à tirer sur ma fenêtre avec son pistolet à billes, jusqu'à ce que je lui balance mon taille-crayon métallique Maped ® sur la sienne, et que je lui fasse une belle fissure dessus.
Je me rappellerai de la voisine qui a aménagé juste après qu'il soit parti (lui et sa famille), américaine elle aussi, qui a bien dû me voir à poils 4 ou 5 fois alors que je prenais mes aises dans ma chambre, après être sorti d'une bonne douche, et en ayant malencontreusement oublié de fermer mon store.
Je me rappelle de beaucoup trop de choses encore, de bons souvenirs pour la plupart. Je laisse ma vie égyptienne dans cet appart. Quand je reviendrai du Canada (faut déjà que j'y aille, c'est vrai...), ça ne sera pas dans cet appartement. J'irai dans le nouveau, où j'aurai dormi grand maxi 3 jours. Je ne me sentirai pas chez moi.
Ça me rend triste de voir ma chambre complètement vide, avec mon seul lit trônant au milieu (et d'où j'écris en ce moment même), de voir le salon plein de cartons, de voir la chambre de télé sans télé...
En plus, j'aime pas la tête des nouveaux locataires...
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