Ma tante est arrivée vendredi du Liban.
Je ne sais pas comment elle s'est arrangée pour choper la grippe en débarquant ici alors qu'il fait 20° de plus qu'au Liban, mais elle en a chopé une belle. Libre à elle après tout...
On a décidé de déjeuner dans un bon restaurant chinetoque dans le quartier de Garden City. On monte tous dans la voiture, ma tante, mon père, ma mère,
ma soeur et moi. We are family...
Mon père démarre démarre la voiture, et le moteur, plutôt que de nous faire son petit ronronnement habituel, nous fait un bruit monstrueux. Pendant quelques instants j'ai cru que j'étais dans la
Fiat128 de mes leçons de conduite. Ça faisait un moment déjà qu'il nous faisait des bruits pas très orthodoxes, mais selon le garagiste, ce n'était rien de grave. Mon père pouvait parfaitement
rouler jusqu'à Sharm El Sheikh avec, comme il avait prévu de le faire pour le nouvel an (toujours d'après le mécano).
Après quelques secondes pleines d'angoisse et de suspens, le moteur se calme et on peut prendre la route tranquillement. On roule ainsi cinq minute, puis on sort enfin de Maadi et on atterrit sur
la Kornish, la grande rue qui relie Maadi (entre autres) au reste du Caire, en longeant le Nil. Et là, plus rien.
Le moteur pousse, hésite un peu, gémit, nous fait une sorte de prout et pis plus rien. On a beau tourner la clé dans tous le sens,
appuyer comme des tarés sur l'accélérateur, rien ne se passe. En tant que homme de la maison, mon père décide d'examiner le moteur sous le regard amusé de femmes qui transportaient du pain en
équilibre sur leur tête. En cinq ans en Égypte, on n'a jamais eu de problème avec notre auto (à part quelques éraflures), et par conséquence, on n'a jamais eu à ouvrir le capot de la voiture. Ça
peut sembler stupide, mais on a bien mis quelques minutes à l'ouvrir le foutu truc! Ils auraient pu le mettre ailleurs aussi leur bouton... Mon papa ouvre donc le capot, et la je vois à sa tête
qu'on est dans le caca.Ce point est très important, parce que voyez-vous, mon père est loin d'être McGiver, capable de réparer un moteur avec un cure-dent et un chouïngue-gomme
(j'écris comme je veux d'abord!). En fait, il s'y connaît autant en mécanique que moi je m'y connais en élevage de lémuriens de Papouasie Occidentale (ça n'existe pas comme bestiole, ne cherchez
pas).
Le truc, c'est que si lui voit qu'il y a un truc qui
ne va pas, c'est que ce truc ne va vraiment pas et qu'il est assez voyant. Je sors alors de la voiture à mon tour, bien que je sache pertinemment que je ne vais lui être d'absolument aucune aide
(chui tout fier quand j'arrive à changer un pneu, c'est pour vous dire...). Et là, je vois le problème: la courroie principale (le bidule en caoutchouc) a lâché. On a poussé la voiture une
vingtaine de mètres plus loin, parce qu'on était en plein milieu de la route quand même, et on essaye d'appeler un dépanneur (ou quelque chose qui y ressemble). Le blème c'est qu'on était
vendredi, pire, on étaient le vendredi des fêtes. Et ces jours là, les dépanneurs, ils ne dépannent pas.
On est dans le caca.
On a vidé la voiture de tout ce qu'elle pouvait contenir comme objets de valeurs (les cartes de Katameya, des raquettes de tennis, tous les CD audio et le machin qui permet d'écouter son iPod via les ondes radios). Il a fallu arrêter un taxi ensuite, j'en ai fait mon affaire. Mais on était cinq
et ils faisaient du chichi pour nous prendre (on risquait de leur foutre en l'air leur banquette arrière).
Y'en a un qui s'est finalement décidé à nous prendre. Elle était comique ma tante, sa première fois dans un taxi égyptien, elle s'agrippait à moi comme le jour où elle était montée sur un chameau
pour la première fois.
C'est que aussi, taxis libanais, contrairement aux égyptiens, sont hyper classe... oui, oui, ils ne conduisent que des Mercedes classe S... des années 60 ou 70. Les chauffeurs là bas ne valent
pas un pet de lapin non plus, mais au moins, la banquette arrière est très large (on est déjà monté à 12 une fois avec des amis).
Revenons en Égypte, faut dire aussi qu'on est tombé sur un taxi un peu Shumacher-Style.
Ma mère c'était pas mieux, elle était coincée sous le siège du chauffeur, qui était bloqué sur une position pratiquement horizontale.
On a finalement trouvé des amis qui ont pu remorquer notre voiture avec la leur, et la voiture est partie au garage samedi.
On en loué une voiture entre-temps.
Note pour plus tard: ne jamais tomber en panne, ni quoi que ce soit de ce style un vendredi en Egypte.
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